Édito
Article mis en ligne le 7 avril 2021

par Le Comité de la Régionale

La nouvelle est tombée ce mercredi 31 mars : une fois encore, nous allons devoir nous séparer de nos élèves pour un mois et pratiquer pendant deux semaines un enseignement en distanciel.

À l’instar de mars 2020, nous nous apprêtons à déployer toute une stratégie pour garder le lien avec nos élèves. On devrait normalement se sentir plus à l’aise dans cet exercice périlleux, conscients des difficultés rencontrées l’an passé et pouvant dire par retour d’expérience ce qui n’a pas bien fonctionné. Remarquons, de surcroît, que certains lycées pratiquant depuis plusieurs mois la « demi-jauge », les élèves auraient dû se familiariser avec les cours hybrides et le travail en distanciel.

Or, que constatons-nous ? Des élèves de seconde qui ont déjà perdu le fil de l’année scolaire, ailleurs des bacheliers peu ou prou désorientés par les conditions d’obtention de leur examen (grand oral, épreuve terminale de philosophie, bac de français pour les classes de première ou épreuve pratique en filière professionnelle). Pourtant, en dépit de ces modalités d’enseignement difficiles et souvent disparates, le ministre nous annonce, il y a quelques jours, que les « épreuves en présentiel [du baccalauréat] auront lieu coûte que coûte ». C’est nier d’emblée les iniquités qui résultent des aménagements décidés localement depuis des semaines. C’est également refuser de considérer les aléas de l’enseignement en distanciel, car toutes les familles ne sont pas égales devant le numérique. Quel paradoxe de nouveau entre ces déclarations publiques très verticales et la souplesse d’aménagement encore une fois laissée aux établissements !

Comme le rappellent les auteurs d’un article du dernier Au Fil des Maths, « l’école n’est pas juste du savoir que l’on met à disposition des élèves ». Mettre en place la continuité pédagogique, « fil rouge » de ce numéro 539 de la revue, relève du casse-tête pour nous tous et ce dossier qui raisonne aujourd’hui par son actualité est bienvenu pour nous inspirer. Nous vous proposons aussi, dans ce numéro des Chantiers de découvrir l’outil MathALEA, exerciseur proposé par le groupe Coopmaths.

Le contexte sanitaire aura finalement eu raison du bac 2021, support de la réforme du lycée. Cette dernière, déjà pointée pour ses déséquilibres par notre association, a transformé en profondeur la structure des établissements et des enseignements. Sébastien Planchenault dresse, pour nous, le tableau chiffré quant aux choix des lycéens pour l’apprentissage des mathématiques suite à la réforme.

Dans leur article sur Rubricamath, les collègues de l’IREM de Paris Nord, détaillent les activités disponibles sur leur plateforme qu’ils avaient exposées lors de la dernière Journée de la Régionale. Notre collègue francilien, Mohamed Mesmoudi, suggère comment utiliser les transformations géométriques pour opérer sur les fractions. Enfin Serge Seguin, nous soumet de nouvelles grilles de nombres croisés, ressource déjà illustrée dans notre précédent numéro des Chantiers, et nous invite à découvrir des tableaux de nombres enchevêtrés. Autant de récréations mathématiques pour égayer nos vacances confinées !

Le printemps sera, nous l’espérons, aussi celui de notre discipline. Donnons deux rendez-vous à l’échelle de notre association. La Rencontre de la Régionale d’une part, escapade à l’air libre le mercredi 2 juin pour découvrir l’application MathCityMap. Et le traditionnel Salon de la Culture et des Jeux Mathématiques, qui se démat(h)érialise une nouvelle fois, pour divertir élèves, enseignants, matheux ou non matheux pendant quatre jours festifs. Un bel horizon pour sortir de la période qui nous attend…

 

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Les chantiers de pédagogie mathématique n°188 avril 2021
La Régionale Île-de-France APMEP, 26 rue Duméril, 75013 PARIS