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Édito
Article mis en ligne le 31 mars 2020
dernière modification le 25 mars 2020

par Le Comité de la Régionale

Quelle période étrange !

Clairement, ce n’est pas une année scolaire de tout repos. Pour les collègues de lycée qui sont au front depuis l’application des nouveaux programmes et parfois sur plusieurs niveaux d’enseignement, la mise en place des E3C (Épreuves Communes de Contrôle Continu) constituait déjà une épreuve. De nombreux lycées de la Région ont boycotté ces échéances du « nouveau Bac Blanquer » que ce soit en ne délivrant pas les sujets, en ne surveillant pas ces épreuves ou en ne corrigeant pas les copies.

Les E3C ont ainsi cristallisé, à un moment où la grogne contre le gouvernement et sa réforme des retraites était déjà forte, les contestations d’une profession contre la réforme du lycée, un bac local, une impréparation dans sa mise en œuvre, une banque nationale de sujets non opérationnelle, une fuite des sujets, des inégalités de traitement des candidats dans les conditions de passation, des sujets infaisables en mathématiques dans les séries technologiques, une organisation chaotique des corrections ou encore un non-respect de l’anonymat des copies… Autant de points de discorde qui concentrent le mécontentement des enseignants et malheureusement déjà exprimés par eux par le passé.

Le comité de suivi de la réforme du lycée n’avait, quelques temps auparavant, pas répondu aux attentes et aux demandes de notre association quant aux difficultés rencontrées par les collègues et les élèves face à la spécialité de première générale. Comme le déplore le bureau national dans son Edito du BGV 210, « Le malaise des enseignants dans leur vie professionnelle atteint un niveau jamais égalé ». L’habituel optimisme de notre association s’y exprimait d’ailleurs encore et les solutions pour se former, se cultiver, se divertir, se construire, se rencontrer étaient nombreuses.

À l’orée de la semaine des mathématiques et de ses rendez-vous, un dernier élément perturbateur a cependant brisé encore une fois nos espoirs. Nom de code, « COVID-19 », hasard malheureux de la vie qui nous a plongé, et pas seulement les collègues de l’Éducation Nationale, dans l’embarras le plus total !

Nous, professeurs de mathématiques de l’APMEP, nous avons l’habitude de fabriquer, d’inventer et de produire. Alors, nous ne doutons pas que, comme en témoigne dans ce numéro Michel Suquet, vous aussi avez déployé vos « supers pouvoirs » pour répondre au nouveau défi lancé par notre ministère : la « continuité pédagogique »… Ce nouveau totem a droit à son Vademecum sur le site Eduscol dans lequel on retrouve beaucoup des ressources déjà pointées par nous pour leur qualité. Une chose est sûre, c’est dans la continuité de la liberté pédagogique que chacun pourra trouver son épanouissement et relever le défi.

Du côté de notre association, nous sommes comme toujours disposés à proposer des ressources aux collègues qui en cherchent. Dans son courrier du 17 mars, le Bureau National soulève la complexité pour les enseignants de s’investir dans une forme de travail inédite sans aucune préparation. Il évoque également quelques pistes dont des fichiers extraits des brochures JEUX. Par ailleurs, les éditeurs ayant libérés les droits durant un mois, vous pouvez accéder à la collection intégrant les ressources Mathscope dans la collection Mathématiques - Seconde - Commun - Voie générale disponible sur la plateforme de la BRNE (Banque de Ressources Numériques pour l’École).

Enfin, nous vous suggérons de ne pas oublier de vous ressourcer. C’est aussi l’occasion de mener une réflexion sur ce qui est au cœur de notre métier, à savoir la communication et l’interaction humaine. En favorisant les échanges et le partage de pratiques, nous espérons que la lecture de ces Chantiers vous offrira quelques évasions.

 

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Les Chantiers de Pédagogie Mathématique n°184 mars 2020
La Régionale Île-de-France APMEP, 26 rue Duméril, 75013 PARIS