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Édito
Article mis en ligne le 2 octobre 2019

par Le Comité de la Régionale

Comme chaque année en septembre, nous dressons à l’occasion du comité de la Régionale un portrait de notre rentrée. Celui de cette année s’est très vite centré sur la mise en place de la Réforme du Lycée.

Récemment, plusieurs articles de presse ont associé la réforme de structure du nouveau lycée à la mort des groupes classes. De fait, certains élèves de première d’une même classe qui se retrouvent pour les enseignements communs suivent tous des spécialités différentes. Ainsi, dans la même classe sont réunis des élèves qui suivent les spécialités Arts, Mathématiques, Histoire, géographie et géopolitique, Langues et littérature étrangère, Humanités, littérature et philosophie, SES ou Physique-chimie, auxquelles s’ajoutent les options comme le latin, le russe, le grec ou les arts.

Dans ces conditions, non moins de 40 professeurs devraient se réunir lors des conseils de classe… Même si, de tout temps, nous n’arrivions pas à rassembler l’ensemble de l’équipe pédagogique lors des conseils de classe, la question du suivi par le professeur principal se pose réellement cette année. Son travail sera d’autant plus complexe que les élèves passeront en cours et en fin d’année des épreuves du baccalauréat dont les contours sont encore bien flous. « Génération sacrifiée » ont conclu certaines familles lors des réunions parents-professeurs de début d’année. Même s’il est un peu tôt pour tirer ces conclusions, c’est le prix à payer pour avoir respecté 99 % des vœux de spécialités des élèves passant en première générale dans ce lycée.
Ailleurs, en proposant aux élèves des « menus » ou « triplettes » de 3 spécialités, c’est moins problématique. Est-ce néanmoins le bon choix ? L’hétérogénéité entre les classes n’en sera-t-elle pas plus grande ?

Avec la structure, ce sont aussi les programmes de seconde et de première qui sont modifiés. Les premiers cours en classe de seconde n’étaient pas sans nous rappeler ceux de sixième. Constat lui aussi réalisé par certains collègues d’Histoire-géo pour qui les premiers thèmes à enseigner rappellent ceux d’entrée au collège.

Ainsi, pour nous, enseignants de mathématiques, le nouveau programme permet de travailler plus qu’auparavant le concept de nombre, des différentes écritures d’un même nombre et des lectures que l’on peut en faire. Un travail plus approfondi en seconde sur les puissances et les racines carrées qui s’avère pertinent tant les difficultés à manipuler les nombres se font ressentir plus tard, par exemple lors de l’apprentissage des suites géométriques en spécialité de première ou pour des calculs de coefficients et de pourcentages en série technologique. De plus, dans ces nouveaux programmes, les points d’approfondissements possibles proposés et optionnels nous paraissent constituer autant de ressources à exploiter pour différentier davantage.

Au cours de notre discussion, ce qui nous marque encore, c’est l’inégalité des moyens sur le territoire. Ici, dans un lycée parisien, tous les élèves qui suivent la spécialité maths auront en plus des 4 heures réglementaires une heure en demi-groupe en salle informatique par semaine. Dans le même temps, nombreux sont les lycées où l’enseignement de spécialité se fera en groupe de 35 élèves avec uniquement 4 h par semaine, y compris dans des lycées accueillant des élèves issus de l’éducation prioritaire.

À la lueur de ce constat, on ne peut que craindre la rentrée 2020 et la mise en place des options « maths complémentaires » et « maths expertes » en terminale : quels sont les établissements qui pourront véritablement proposer aux élèves de poursuivre leur formation en maths s’ils ne suivent plus la spécialité maths ou d’approfondir leur maîtrise des notions mathématiques en vue d’études scientifiques ? Actuellement, ces options sont logées à la même enseigne que les autres et, par conséquent, devront être financées dans les DGH par les marges établissements.

Le président de l’APMEP a récemment adressé une lettre ouverte au ministre de l’Éducation Nationale afin de demander, en particulier, des moyens spécifiques pour les mathématiques.

N’hésitez pas à nous faire part de votre rentrée ou d’un contexte d’établissement particulier, cela ne pourra qu’enrichir nos discutions. Par ailleurs, nous vous donnons les dates des prochains comités, ouverts à tous et sans engagement, et nous vous y invitons.

Sans oublier deux autres rendez-vous qui s’annoncent : la réunion de notre Régionale le lundi 21 octobre pendant les JN de Dijon et la Journée de la Régionale qui aura lieu en novembre et dont le thème sera l’histoire des maths, autre aspect nouveau et non moins enrichissant des nouveaux programmes de lycée.

 

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Les Chantiers de Pédagogie Mathématique n°182 octobre 2019
La Régionale Île-de-France APMEP, 26 rue Duméril, 75013 PARIS