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Billet d’humeur : Réforme Blanquer
Article mis en ligne le 19 mars 2018
dernière modification le 14 mars 2018

par Pierre Dolain

De nombreuses protestations se font entendre ici ou là concernant une réduction prévue, supposée ou réelle, de l’enseignement des mathématiques envisagée pour certaines catégories d’élèves de l’enseignement secondaire.

Je ne conteste pas l’importance de l’acquisition d’une culture mathématique et scientifique en général. Cela est vrai pour les mathématiques et peut-être encore plus vrai en ce qui concerne les sciences de la vie. Une amie gynécologue me raconte que la grosse majorité des jeunes patientes qui viennent la voir, ne connaissent strictement rien ou alors de choses fausses sur leur physiologie alors qu’elles sont censées avoir reçu un enseignement là-dessus au cours de leurs années de lycée. Même chose en ce qui concerne l’alimentation, les problèmes d’environnement…

Sur le fonctionnement des institutions même constat. J’ai même l’impression qu’en ce qui concerne les mathématiques à proprement parler il y a moins de dégâts.

Tout ce que je raconte là est l’effet d’une impression que j’ai en observant autour de moi et en lisant ce qui en est dit par ci par là. Je crois que tout ceci mériterait un gros investissement dans la recherche prenant en compte une population assez nombreuse et un temps suffisant pour obtenir des résultats significatifs et les interpréter. Tout ce qu’on dit en dehors de ça n’est que le résultat de positions idéologiques ou (non exclusif) corporatistes.

En attendant, les diverses réformes proposées résultent en fait de rapports de force ou d’influence entre les différents acteurs. Je ne sais pas si la réforme Blanquer a des chances d’améliorer les choses ou non. J’ai vu passer suffisamment de réformes pour penser que celle-ci va résoudre les problèmes. En fait elle en résoudra certains et en créera d’autres.

Je pense que, plutôt que prendre des positions tranchées sur tel ou tel aspect de la réforme (hormis des choses vraiment considérées comme inacceptables), il vaut mieux militer pour obtenir des moyens pour une recherche pédagogique pluridisciplinaire longue et sur de grands effectifs et se donner le temps d’en tirer des vrais résultats.

Au lieu de ça j’ai toujours vu des petites recherches et « expériences » pédagogiques vite arrêtées sans que des résultats pertinents en soient tirés. Comme disait je ne sais plus qui ces jours ci à la radio « en matière de connaissances sur la pédagogie et les neurosciences nous en sommes au même stade que la médecine au 17e siècle et nous nous comportons comme Diafoirus ».

 

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Les Chantiers de Pédagogie Mathématique n°176 mars 2018
La Régionale Île-de-France APMEP, 26 rue Duméril, 75013 PARIS