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Kafemaths
Article mis en ligne le 2 juin 2026

par Anne-Sophie Suchard

Rendez-vous pour un café mathématique :

jeudi 4 juin 2026 à 20 heures
au café-bar « Aïre Ona »

« Invention de l’algèbre à Bagdad il y a 1200 ans »
François Nicolas, Mathématicien et musicien

Il y a 1200 ans exactement (en 825), à Bagdad et dans la langue arabe, Al-Khwârizmî inventait l’algèbre.
  Ce tournant majeur dans la pensée mathématique créait un pont entre arithmétique et géométrie, qui allait désormais autoriser ces démonstrations croisées qu’Aristote avait explicitement interdites un millénaire plus tôt.
  L’algèbre vient révolutionner la rationalité mathématique (qui jusque-là progressait par extension du déjà connu vers l’inconnu visé) en installant la pensée de plain-pied dans l’inconnu : elle s’autorise de calculer directement sur l’inconnu x en formalisant ses propriétés connues selon le nouvel objet « équation » que l’on pourra ensuite résoudre en sorte de circuler ainsi de l’inconnu vers le connu, autant dire en réduisant [1] l’ombre et non plus seulement (comme l’arithmétique et la géométrie grecques) en étendant la lumière !
  Si l’algèbre est ainsi devenue le cœur universel des mathématiques, sa constitution dans la langue arabe n’est pas tout à fait fortuite : cette langue a pu devenir le berceau de l’algèbre en raison de propriétés intrinsèques tout à fait spécifiques (son lexique et sa grammaire, combinant trois consonnes indexées de voyelles, la prédisposaient à une littéralisation polynomiale).
  Nous parcourrons tout ceci en nous appuyant sur l’ouvrage de référence : Al-Khwârizmî.
Le commencement de l’algèbre (texte établi, traduit et commenté par R. Rashed) Albert Blanchard, 2007

[1] Le nom algèbre vient de اَلْـجَبْـرُ = al-jabr qui veut dire « la réduction »

Le café-bar « Aïre Ona » : 1, rue du Docteur Goujon, Paris 12e — Métro Daumesnil

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