Choix de l’enseignement en Terminale
Article mis en ligne le 7 avril 2021

par Sébastien Planchenault

Une réforme en forme de désastre

La réforme du Lycée Général et Technologique a été un véritable cataclysme pour l’enseignement des mathématiques. Les mathématiques ne sont pas dans le tronc commun de première et terminale, une seule spécialité est proposée mais loin de correspondre à l’ensemble des profils des élèves de Lycée Général.

À la rentrée 2019 le verdict est sans appel et c’est 68,6 % [1] des élèves qui choisissent la spécialité mathématiques alors que précédemment c’était plus de 85 % des élèves qui faisaient des mathématiques jusqu’à la fin du lycée.

En 2020, on diminue encore l’effectif et on passe à 63,7 % de lycéennes et lycéens sûrement au vu des échos du niveau d’exigence et de difficulté de suivre la spécialité mathématiques.

En novembre 2020, la DEPP [2] publie les choix de doublettes choisies par les lycéens en classe de terminale du nouveau lycée [3]. Les informations prenant en compte les effectifs de lycéens ayant opté pour l’ option « mathématiques complémentaires » à la place de la spécialité mathématiques et les lycéens de terminale qui ont choisi l’option « mathématiques expertes » en plus de la spécialité ont été moins médiatisées [4].

 

Une logique ministérielle ?

Il est vrai que s’il est difficile de réaliser une comparaison entre le nouveau et l’ancien système, on ne peut que constater que le nombre global de lycéennes et lycéens en fin de terminale ayant fait des mathématiques a fortement diminué. Est-ce une logique ministérielle pour mettre fin à la difficulté de recruter des professeurs de mathématiques ? Il est vrai qu’à la rentrée 2020, c’est plus de 400 postes qui ont été supprimés dans les lycées et les données pour la rentrée de septembre 2021 semblent indiquer que l’hémorragie se poursuit.

Sur les 154 400 élèves dont on sait qu’ils ont opté pour la spécialité mathématique en terminale (6 heures par semaine), environ 1/3 (51 942 élèves) l’accompagnent de l’option « mathématiques expertes » (3 heures). On a ensuite 64 830 élèves qui ont choisi l’option « mathématiques complémentaires » (3 heures) et 155 339 qui n’ont plus d’enseignement de mathématiques du tout, si ce n’est dans le module « enseignement scientifique » dont tous les enseignants et observateurs s’accordent pour dire qu’il n’y a que peu de mathématiques. On ne se trouve donc plus maintenant qu’avec 219 226 élèves qui suivent un enseignement de mathématiques stricto sensu, soit 58,5 % des 374 569 élèves. En 2019, nous avions 85 % des élèves qui suivaient un enseignement de mathématiques dans l’ancien système.

D’après les données transmises par l’IGERS, l’option « mathématiques complémentaires » a été choisie par environ 65 000 élèves, soit 17 % des élèves de terminale générale.

Dans la doublette PC-SVT, ils sont 36 500 lycéens à avoir choisi de suivre l’option « mathématiques complémentaires » soit environ 75 % des lycéens ayant choisi cette doublette. On peut aussi remarquer que dans la doublette HGPP-SES, c’est 11 500 lycéens soit 21 % qui suivent l’option « mathématiques complémentaires », pour la doublette LLCER-SES, c’est 4 000 lycéens soit 20 % et pour la doublette SVT-SES cela correspond à 3 000 lycéens soit 27 %. L’option « mathématiques complémentaires » a été également fortement choisie (plus de 50 %) sur des doublettes à plus faible effectif (PC-SI, PC-NSI, SI-NSI).

 

Choix de l’option « mathématiques expertes »

En ce qui concerne l’option « mathématiques expertes », elle a été choisie par 52 000 élèves soit 14 % des élèves de terminale générale, ce qui correspond à un tiers des élèves de la spécialité mathématiques. Cette option est prise par 39 500 élèves de la doublette Maths-PC, soit 54 % de la doublette. La doublette Maths-PC accueille plus des trois quarts des élèves de l’option « mathématiques expertes ».

On remarque ensuite Maths-SVT, Maths-NSI, Maths-SES, Maths-SI (3 100, 2 900, 2 800, 1 900 élèves respectivement, et 11,5 %, 31,2 %, 11,3 %, 32 % des doublettes). Nous regrettons cependant de ne pas avoir des informations genrées, territoriales et suivant les origines sociales.

 

Et pour les études scientifiques « post-bac » ?

Va-t-il y avoir suffisamment de lycéennes et lycéens pour des études scientifiques « post-bac » ? D’après l’article de Fabrice Vandebrouck [5], on arrive à la conclusion que le système aura du mal à « fournir » un nombre suffisant de lycéennes et lycéens pour répondre aux besoins des études scientifiques.

tableau issu de l’article de la SMF

Il semble fort à parier qu’il faudra accueillir dans les facultés de sciences des lycéennes et lycéens avec des profils atypiques.

 

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Les chantiers de pédagogie mathématique n°188 avril 2021
La Régionale Île-de-France APMEP, 26 rue Duméril, 75013 PARIS