par Emmanuelle Rocher, Stéphanie Doret Guerre
Un Café Scientifique
Le Café Scientifique du lycée Hector Berlioz de Vincennes où nous enseignons toutes les deux les mathématiques, fédère les équipes de physique-chimie, SVT et mathématiques autour de la volonté de diffuser la culture scientifique. Ainsi, c’est sous cette étiquette commune que nous organisons les animations, clubs ou événements en lien avec nos matières. Cette année scolaire, nous avons, par exemple, animé des ateliers sur le temps de la cantine pour la fête de la Science, programmé une conférence sur le futur des énergies ou encore proposé aux élèves une exposition du CNRS sur la démarche scientifique.
Depuis quelques années, nous avons également l’habitude d’animer des stands à l’occasion de la semaine des maths : jeux, origamis, fresques dans la cour, échecs…
Avec l’envie de se renouveler pour 2025 et surtout de s’inscrire davantage dans le thème « Maths hors les murs », nous avons cherché, comme souvent, l’inspiration auprès de nos collègues qui publient que ce soit à l’APMEP ou sur les réseaux sociaux.
Deux d’entre eux, Claire Lommé et Jean-Yves Labouche [1], ont particulièrement travaillé le sujet des anamorphoses et nous ont permis de nourrir cette appétence.
Une exposition et un atelier
Ce n’est qu’avec un groupe restreint d’élèves, à savoir ceux de seconde DNL [2] mathématiques en anglais d’Emmanuelle, que nous avons élaboré l’exposition « Anamorphoses ». Après une première partie en salle banale pour découvrir les solides de Platon, nous avons expliqué aux élèves comment ils allaient s’y prendre pour réaliser eux-mêmes des anamorphoses des cinq solides sur les murs du lycée (à défaut de "hors" les murs).
Voici un rendu de l’atelier « Anamorphoses, une histoire de point de vue » :
Comment faire ? Finalement, c’est assez simple !
- Choisir des représentations Geogebra des solides en « fil de fer ».
- Les projeter avec un vidéo-projecteur dans un coin de mur, sur un poteau, à l’angle du mur et du sol, voire du plafond.
La projection est déformée mais il y a tout de même un point de vue duquel on peut visualiser le solide correctement. - Le jeu consiste ensuite à déplacer le vidéo-projecteur pendant que les élèves cherchent le bon angle de vue. Une fois l’angle de vue défini, il ne reste qu’à caler le vidéo [3].
Notre volonté était de faire se pencher le visiteur et nos points de vues sont donc assez proches du sol. - Repasser les arêtes du solide au crayon à papier et marquer les sommets. Puis, à l’aide de scotch d’électricien [4], tracer la représentation finale.
Avant de conclure, les élèves doivent s’assurer du bon nombre de sommets et d’arêtes de leur solide puis scotcher au mur l’affiche pour indiquer l’angle de vue.
Un accueil enthousiaste
Les réalisations ont tellement séduit l’intendance du lycée que nous allons réfléchir à en créer d’autres, de façon pérenne, lors de la rénovation de certains parties des bâtiments.
Nous avons aussi en projet de confectionner d’autres anamorphoses (triangles imbriqués ou Rubik’s) sur les marches des cours de récréation.
Des idées plein la tête, merci aux collègues pour l’inspiration [5] !
Les chantiers de pédagogie mathématique n°204 avril 2025
La Régionale Île-de-France APMEP, 26 rue Duméril, 75013 PARIS

