La lecture de l’ouvrage de Catherine Thevenot, Des mythes en maths — brisons nos préjugés sur les mathématiques (éditions Tom Pousse, 2025) nous emmène à l’exploration de 3 idées reçues qui entravent l’enseignement des mathématiques, depuis la maternelle jusqu’à l’université :
- les filles sont moins bonnes en mathématiques que les garçons
- certains d’entre nous ont la bosse des maths
- la dyscalculie, ça n’existe pas !
Chacun de ces préjugés est l’objet d’un chapitre dans lequel Catherine Thevenot nous présente la situation, puis l’analyse en se basant sur des enquêtes et les recherches les plus récentes, et enfin nous propose des actions pour favoriser des conditions d’apprentissage menant à l’épanouissement de toutes et tous.
Le premier stéréotype, celui de genre, concerne aussi bien la famille, l’école et la nation. Bien que largement remis en question par toutes les recherches scientifiques, il continue d’être intériorisé en mathématiques par les filles (et les garçons) et a des conséquences dans les choix d’orientation des filles. Le premier chapitre présente et analyse tous ces aspects en détail.
Pour briser le cercle vicieux des inégalités de genre en mathématiques, de nombreuses actions sont passées en revue. Un travail de fond reste à accomplir : formation des enseignant⋅e⋅s, implication des parents, des filles et des garçons, révision des manuels scolaires et des supports d’enseignement, accentuer les politiques d’accompagnement des parcours tant académiques que professionnels.
Le deuxième chapitre concerne la fameuse « bosse des maths » ! Là encore, toutes les recherches scientifiques nous montrent qu’il s’agit d’une idée reçue sans fondement. Si les premiers apprentissages et le rôle de la famille ont une influence sur l’attrait ou l’aversion pour les mathématiques, rien n’est définitif et des actions peuvent aider les enfants à aimer pratiquer les mathématiques. C’est le rôle de l’école, et de la société, de réduire les écarts initiaux entre les enfants selon qu’ils sont issus ou non d’un milieu privilégié.
Pour briser ce deuxième stéréotype, permettre la mise en place d’un environnement stimulant et constructif est un enjeu aussi bien pour l’école que pour les familles et la société. Développer des initiatives telles que des maisons des mathématiques ou des collaborations entre l’école et la famille (par exemple le dispositif des « sacs à maths ») ou l’apport de jeux pour les apprentissages seront profitables aussi bien pour les enfants que pour les adultes.
Le dernier chapitre concerne la dyscalculie et passe en revue les difficultés pour la cerner et l’étudier car c’est un trouble aux manifestations hétérogènes. Sont aussi abordées ses manifestations classiques telles qu’un échec à donner du sens au nombre et à pouvoir automatiser l’exécution de calculs. Quant à ses causes, il est distingué une dyscalculie primaire, indépendante de tout autre trouble, et une dyscalculie secondaire conséquence de déficits cognitifs plus généraux.
La compréhension des causes des différents types de dyscalculie permet d’orienter les actions à mener pour aider les enfants et les adultes concernés à développer et renforcer le sens du nombre ainsi que les liens entre symboles et quantités représentées. C’est l’objet de la troisième partie de ce chapitre.
Ce petit livre (environ une centaine de pages et un format de poche) montre que personne n’est condamné à ne rien comprendre aux mathématiques : comprendre et agir pour déconstruire les mythes autour des mathématiques est salutaire pour toutes et tous. Et si nous sommes encore soumis à des inégalités face aux conditions nécessaires pour aimer pratiquer des mathématiques, cet ouvrage de Catherine Thevenot nous donne des pistes pour combattre ces inégalités. Des défis qui ne concernent pas uniquement l’école, de la maternelle à l’université, mais aussi les familles et la société dans son ensemble.
Les chantiers de pédagogie mathématique n°207 décembre 2025
La Régionale Île-de-France APMEP, 26 rue Duméril, 75013 PARIS

