Bandeau
APMEP Île-de-France
de la maternelle à l’université

Site de la Régionale APMEP Île-de-France

Les temps de l’enfant
Article mis en ligne le 13 juillet 2026
dernière modification le 10 juillet 2026

par Françoise Masnou

Une rencontre sur les temps de l’enfant avec Françoise Masnou a eu lieu au local de l’APMEP et nous a permis d’échanger sur la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, organisée par le CESE (Conseil économique, social et environnemental).

 

Le samedi 28 mars 2026, au local de l’APMEP Île-de-France, j’ai présenté les travaux de la Convention Citoyenne sur les Temps de l’Enfant à laquelle j’ai participé en 2025. Cette convention était organisée par le CESE (Conseil économique, social et environnemental). Il nous était demandé, par une lettre de saisine du Premier Ministre :

Comment mieux structurer les différents temps de la vie quotidienne des enfants afin qu’ils soient plus favorables à leurs apprentissages, à leur développement et à leur santé.

C’est la troisième convention citoyenne à l’échelle nationale, après celles sur le climat (2019-2020) et sur la fin de vie (2022-2023).

Nous étions 133 citoyens tirés au sort, venus de toutes les régions et d’outremer, réunis pour 7 sessions de 3 jours — soit 21 jours de débats — réparties entre le 20 juin et le 23 novembre 2025.

Nous avons d’abord examiné la situation actuelle, en écoutant les interventions de nombreux spécialistes ainsi que les conclusions d’un panel de jeunes :

L’organisation et l’articulation des temps des enfants dépendent en fait de contraintes extérieures aux enfants, les rythmes scolaires sont inadaptés, souvent très fatigants, les temps libres et non encadrés se font de plus en plus rares, les enfants passent trop de temps avec les écrans, ne dorment pas suffisamment. Les problèmes de violence, de harcèlement, de santé ont été évoqués, ainsi que le manque d’inclusion.

Nous avons élaboré 20 propositions qui sont détaillées dans le rapport de la convention. J’en note quelques-unes :

  • Prévoir un accueil échelonné le matin, avec petit déjeuner dans le primaire, possibilité de café pour les parents .
  • Commencer les cours à partir de 9 h pour le lycée.
  • Les terminer à 15 h 30 pour tous les niveaux (16 h 30 lycée).
  • Apprentissages théoriques le matin, apprentissages pratiques, activités culturelles et sportives l’après-midi, ainsi que de vraies pauses de qualité (cantines espaces de repos).
  • Inclure des intervenants extérieurs pour les apprentissages pratiques.
  • Pour le secondaire, raccourcir la durée des cours à 45 minutes effectives.
  • À partir de 15 h 30 (et de 16 h 30 pour le lycée), dédier un temps à des activités culturelles et sportives gratuites et choisies par l’enfant
    À noter qu’il n’y a pas eu de consensus sur le caractère facultatif ou obligatoire de ces activités.
  • Pour tous les niveaux, alléger la charge de devoirs à la maison et réduire les temps de transports, pour qu’ils n’excèdent jamais 45 minutes.
  • Étaler la semaine de cours sur 5 jours, du lundi au vendredi, du primaire jusqu’au lycée
  • Maintenir le volume de vacances annuel et passer de 3 à 2 zones pour les vacances d’hiver et de printemps pour respecter une alternance entre 7 semaines de cours et 2 semaines de repos.
  • À chaque rentrée de septembre prévoir des journées d’accueil et d’insertion. Organiser les rendez-vous avec les médecins scolaires ou auxiliaires médicaux.
  • Renforcer l’éducation aux usages du numérique et améliorer l’encadrement des usages individuels des écrans.

Cela suppose une organisation pour coordonner les temps scolaires, périscolaires et de loisir :

  • Rendre obligatoire pour chaque territoire l’élaboration d’un projet éducatif de territoire,
  • Constituer un comité de pilotage qui se réunit au moins une fois par trimestre.
  • Rénover complètement le bâti scolaire : créer des campus de jeunes, adaptés aux activités scolaires, sportives, artistiques et de loisirs, avec des espaces verts ! Développer des bâtiments, équipements et mobilier flexibles, modulaires et ergonomiques pour convenir à de multiples usages. Mettre en place un plan bâtimentaire sur 20 à 30 ans.
  • Sur le plan national il est proposé la création d’un ministère de l’enfance et une loi de programmation pluriannuelle pour fixer une politique à long terme.

Le rapport est beaucoup plus détaillé et je vous encourage vivement à consulter ce Rapport de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant sur le site du CESE qui met à disposition également de nombreux documents liés à cette convention (voir la partie Actualités du site).

J’ai beaucoup apprécié de travailler dans le cadre de cette convention. J’étais la doyenne, avec un autre participant à peine plus âgé. Ainsi, contrairement aux idées reçues, il est possible de faire une réflexion approfondie en réunissant des participants de différentes générations, de diverses origines ! Les discussions, très ouvertes, m’ont plusieurs fois conduite à changer d’avis ! Ainsi, je ne voyais pas d’inconvénient à raccourcir les vacances d’été jusqu’à la présentation d’une adjointe au maire d’une grande ville de province : la mise en place d’une rentrée le 15 août avait conduit un certain nombre de familles à renoncer à partir en vacances, ne pouvant plus bénéficier des tarifs réduits de la fin août.

la convention a présentée une de mes participations
j’ai beaucoup insisté sur la nécessité
d’impliquer les seniors dans l’éducation des enfants

 
Devant les bâtiments du CESE, des photos de la convention sont actuellement visibles : voir ci-contre celle me concernant. Un résumé de mon intervention y apparaît : « Dans ma commune j’ai été dans un groupe intergénérationnel où les grands-parents font des gâteaux avec les enfants… Les enfants sont vraiment heureux de nous retrouver… ils ont besoin de grands-parents que ce soient les leurs ou non. »

J’avais d’ailleurs ajouté qu’au moment du COVID le confinement nous a sauvé la vie et a coûté très cher aux jeunes générations, en les isolant de leurs camarades : nous avons une dette envers eux !

À la suite de cette convention, nous avons créé une association pour faire connaître notre travail et veiller à ce qu’il soit pris en compte et, dans ce cadre, nous avons rencontré les recteurs des académies et de nombreux élus.

 

article suivant



retour au sommaire

Les chantiers de pédagogie mathématique n°209 juillet 2026
La Régionale Île-de-France APMEP, 26 rue Duméril, 75013 PARIS